Film Senses : Première serie au cinéma

Senses est la première série diffusée au cinéma. C’est une expérience unique à travers le film de Ryusuke Hamaguchi qui a une durée de 5h17 mais qui est distribué en France sous forme de série de 5 épisodes programmés en 3 films : Senses 1&2, Senses 3&4 et Senses 5.

Dans la ville de Kobe au Japon, on est plongé dans la vie de 4 femmes (Sakurako, Jun, Fumi, et Akari) qui sont liées d’amitiés depuis 25 ans. Lors d’une réunion de groupe, elle prévoit un « girl trip » dans la ville d’Arima.
Sakurako : Mariée et belle-mère d’un ados nommée Daïki. Son mari est fonctionnaire et rentre souvent tard. Elle est femme au foyer et doit s’occuper des repas et de supporter la mère de son mari qui vit avec eux pendant un certains temps. Dans sa vie se pose la question de l’indépendance dans le couple.
Akuri est une femme dynamique et avec la joie de vivre. Dans la vie, elle est infirmière et elle a un prétendant mais elle ne souhaite plus avoir de relation amoureuse, dans la partie 1 du film vous découvrirez la raison.
Jun est la femme qui a créer cette bande copine et elle va révéler un secret à la bande dans la partie 1. Ce secret sera le sujet principal de la partie 2 du film (Senses 2).
Fumi est chargée de communication et elle est mariée à Takuya un éditeur/journaliste. C’est celle du groupe qui communique le moins sur elle et sur sa vie. Le comble.

Senses 1&2

Senses1&2 dure 2h19 est pourtant on ne sent pas le temps passé tant les conversations abordées sont intéressantes. Un couple est sortie de la salle de ciné, est ce parce qu’une scène venait d’aborder la question de l’infidélité et de divorce dans un couple ?

Si on divisait Senses1&2 en épisode, la partie 1 s’intitulerait « Toucher » et la partie 2 « Ecouter » à travers ses 2 sens le réalisateurs abordent les thèmes suivants :

  • l’amitié bien entendu
  • le fait de tout se dire entre amies
  • l’importance de la communication dans un couple
  • la compréhension et la gestion de l’infidélité dans un couple
  • L’indépendance tout en étant en couple
  • la gestion de la communication avec un ados
  • l’évolution de notre société en terme d’avancée médical
  • L’amour et le harcèlement
  • Le mariage et le divorce
  • La gestion d’un divorce par la justice

Senses film hamaguchi affiche

Critique du film Senses 1&2

Ma conclusion à la sortie du film Senses 1&2 est que c’était super intéressant ! Ma principale crainte fut la longueur du film mais malgré le fait que je commençais à vouloir allonger mes jambes, je n’ai pas vu le temps passé !

Les conversations étaient tellement intéressantes qu’on était plongé dans l’écoute et l’analyse que faisaient eux même les personnages. Du coup, pas besoin de chercher entre les lignes, c’était juste de l’écoute. Puis les vues de la ville de Kobe était magnifique, +1 pour la mise en scène.

Au final le film porte bien son nom car il a activé mes sens. En voulant suivre l’exercice mis en place dans l’atelier de Senses 1, j’ai touché mon ventre. Puis j’ai écouté attentivement les conversations des personnages, ensuite ma vue était émerveillée par la réalisation et la vue de Kobe. Il manque l’odorat et le goût qui sont sûrement les thèmes des autres épisodes du film Senses.

Pour finir, je dirais que ça faisait longtemps que je n’étais pas sortie d’une séance de cinéma sans être bouleversée. Au contraire, ce film est apaisant et si vous aimez les questions de sociétés, ce film vous plaira. [Bande annonce du film intégral Senses]

Rendez-vous dans un prochain article pour une analyse plus pousser de chaque épisode.

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Fences : Une famille comme les autres

Fences c’est du blabla et un jeu d’acteur lourd de Denzel Washington, pendant les 30 premières minutes, avec un monologue interminable. Mais des scènes qui ne naissent pas au hasard.

Si je devais résumer l’histoire du film Fences, réalisé par Denzel Washington, je dirais tout simplement qu’il s’agit d’une vie de famille « recomposée ». Troy Maxson (interprété par Denzel Washington) a eu un enfant avec une femme. Cette femme l’a quitté et une fois que celui-ci est parti en prison, elle a éloigné son enfant de son père. En sortant de prison Troy va rencontrer une nouvelle femme appelée Rose (interprétée par Violas Davis). Rose est une femme aimante qui lui donne un enfant et qui s’occupe de l’enfant de son mari, devenu adulte, comme si c’était le sien.

Troy, Rose, Lyons dans le film Fences -Rose donne de l'argent à Lyons

Les rapports entre Troy et ses enfants sont conflictuels car il veut contrôler le cours de leur vie. Le grand veut vivre de la musique et le petit du baseball. L’histoire peut sembler banale mais il y a des fils conducteurs et des rappels entre les scènes. On va voir cette vie de famille qui semblait banale basculer au drame.

3 morales à tirer du film Fences

  • Fences signifie clôture en français. Une citation du film va en expliquer le titre : « Parfois on met des barrières pour empêcher d’entrer et parfois c’est pour empêcher les gens de sortir« .

Construction de la clôture dans le film Fences

Au fur et à mesure on se rend compte que les personnages ne se sentent pas libre. La scène conjugale entre Rose et Denzel avec une Viola Davis au top de son jeu de drama actrice, nous montre ce sentiment d’enfermement par la routine, par plusieurs facteurs que je ne spoilerais pas ici. C’est d’ailleurs au moment de la scène de ménage que, pour moi, le film prend tout son sens.

A ce sentiment d’enfermement, on va se rendre compte que plus la clôture va se construire et plus les personnages vont acquérir leur liberté. Il y a un fort parallèle et même une contradiction entre la barrière et la liberté. Mais comme on dit : plus il y a des interdits, plus on les franchis.

  • Le rapport familial : ll n’ y a pas de famille parfaite. Il y aura toujours des haut et des bas.

Pourquoi un père doit aimer son enfant ? Troy Maxson et son fils Cory dans Fences

Mais ne gardez pas de rancoeur, ne prenez pas au mot ce qu’on vous dit. Qu’importe ce qu’on vous a fait ou dit, les bons souvenirs seront toujours là dans votre coeur. Il faut prendre les gens comme ils sont. Puis comme Lyons le dit très bien dans le film : « dans toute chose, il y a du bon et du mauvais ».

  • Vous trouverez dans le film Fences les réponses aux questions suivantes :Troy et Rose Maxson - film Fences

– Pourquoi un père doit aimer son enfant ?

– Pourquoi un homme décide de tromper sa femme ?

– Question sans réponse mais la question a le mérite d’être posé : Pourquoi une femme ne ressentirait elle pas le désir de tromper son mari pour les mêmes raisons que celui ci ?

– Questionnement sur le fait de ne pas supporter le commerce de sa communauté en privilégiant ses achats dans les commerces dirigés par sa communauté.

Rose se fait bénir par les soeurs de l'église dans le film Fences

A noter qu’on voit furtivement l’importance de la foi en Dieu pour surmonter les épreuves de la vie et avoir la force de vivre sa vie malgré les blessures. Il y a aussi un moment où on voit sur le mur une tapisserie murale répresentant Jésus à table avec ses apôtres, comme pour réprésenter la famille.

Conclusion :

Je conclurais en disant que vous ne devez pas attendre que les gens changent pour vous sentir libre. Les gens ne changent pas. La seule personne qui peut vous donner votre liberté c’est vous même. Quitte à fuir…

fences-film-rose-viola-davis

Fais des beaux rêves

Arrivée au cinéma, on m’apprend que le film projection du film japonais Harmonium  a commencé depuis plus de 15 minutes (ne faites donc pas confiance aux horaires des séances indiquées sur la home de Google). J’ai donc non seulement raté la projection du film mais également la rencontre avec le réalisateur Kōji Fukada qui était prévu en fin de séance.

Il ne me restait 2 choix : soit  rentrer chez moi et être sortie pour rien soit regarder un des 2 films n’ayant pas commencé. Au choix la comédie romantique « Primaire » d’Hélène Angel ou le film dramatique d’origine italienne « Fais de beaux rêves » de Marco Bellocchio. Autant dire que selon les différents articles présents sur Google je n’ai pas choisi le film préféré par la presse et les spectateurs. Mais j’aime l’italien et les films dramatique, je me suis donc décidée en à peine 2 min, un exploit pour une indécise, pour le film « Fais de beaux rêves ».

Pendant la première heure du film (oui j’ai regardé ma montre par dépit), j’ai cru comprendre pourquoi le film n’avait pas été autant apprécié. Mais après cette heure passée, je me suis demandée si ce n’était pas un effet voulu parce que concrètement, je n’ai ressenti aucune émotion pendant la moitié du film (à la même hauteur que le personnage principale Massimo, face à la mort de sa mère) et l’autre moitié du film j’étais en pleure. Prise par les émotions que Massimo  laissait enfin « couler ». Si les mots ne peuvent pas sortir oralement, rien de mieux que d’écrire. La lettre, cette lettre ! La liberté des mots pour évacuer la colère. Libérez-vous en libérant votre plume d’un seul trait sans vous relire. Et vous verrez toutes les émotions qui peuvent en sortir.

Fais des beaux reves film - Massimo et sa mère
Barbara Ronchi, Nicolo Cabras (Massimo enfant)

Le film prend un sens bien avant cette lettre, il prend sens quand pris par le souvenir Massimo ne contrôle plus la douleur et finit par faire face à la réalité. C’est alors que le film devient d’un coup intéressant et correspond aux attentes que j’avais en le choisissant. Puis je comprends que cet effet de lenteur, de brouillons sur les dates qui nous déstabilise,  de ce que je qualifiais de mauvais montage, était sûrement pour se mettre à la place de Massimo.

Ce film est ennuyeux au premier abord parce que les souvenirs viennent dans le désordre, et se coupe dès qu’on est sur le point d’avoir une émotion. Mais au fond nous ne faisons que retenir la douleur (de partir, de penser avoir choisi le mauvais film lol), de Massimo. La structure du désordre est en fait pour moi une mise en abyme dans le personnage ou plus précisément dans le cerveaux de Massimo. J’aurais bien aimé avoir la confirmation du scénariste mais je ne vois pas d’autres explications dans mes émotions contradictoires en regardant ce film.

On nous montre les conséquences dans une vie, lorsqu’on refoule des événements qui nous ont marqué pour ne pas dire brutalisé. Puis il y a également cette place du secret/des non-dits qu’on instaure souvent pour protéger une personne, sans se rendre compte qu’on finit par la détruire. Et s’il y a une chose à retenir : Laissez partir les démons qui vous hante, laisse partir ses souvenirs qui vous font tant de mal, faites le deuil, pleurez, souffrez puis laissez les partir.

Diamond Island, un film d’amour ?

20h55 j’arrive au ciné, le temps d’acheter ma place, le film commence dans une minute. Je tente le sprint pour me rendre à ma première sortie ciné de ce début d’année 2017 : Diamond Island de David Chou.

Nous sommes au Cambodge, j’arrive au moment au moment où Bora quitte sa mère. Heureusement que cette fois j’avais lu le synopsis. Le bon moment pour comprendre l’histoire. Celle d’un jeune garçon qui s’en va rejoindre la nouvelle ville en construction Diamond Island.

Les pubs de diamond Island présentent sur le film et tirées de vrais vidéos, me font penser à celle du Congo « Congo terre d’avenir » cette voix de femmes qui te fait rêver, ses images de la future ville qui se succèdent alors que 5 min après il n’y a plus d’électricité.

Bora s’en va travailler dans  un chantier de Diamond Island comme de nombreux personnes qui tentent une nouvelle vie pour faire vivre leurs proches restés au pays. Il y croise son grand-frère Solei venu sur Diamond Island 5 ans plus tôt, mais surtout partie de sa terre natale sans explication.

Solei dont personne ne connait vraiment, garde sa part de mystère. Bora reste tout de même captivé par son frère, qui semble avoir réussi sa vie ( mais à quel prix ?). A travers leur relation ont découvre la ville de Phnom Penh qui est séparé de Diamond Island par un pont. La plupart des ouvriers n’ont jamais mis les pieds à Phnom Penh. Ils vous diront que c’est parce qu’ils n’ont pas de scooters. Après la barrière de la langue (l’anglais) pour gagner mieux en Malaisie, c’est donc le scooter, le moyen des transports de la jeunesses cambodgiennes qui marquera un frein au changement pour les ouvriers.  Ce scooters qui permet de rejoindre Phnom Penh, d’attirer les filles lors de la saint valentin et de faire des ballades nocturnes. Le lien Youtube amateur des ballades nocturnes à Phnom Penh nous replonge direct dans le film et nous confirme son réalisme.

La saint Valentin prend une place prépondérante dans le film, ce moment où les filles soit disant cherche à se faire dépuceler. « Le Cambodge a un problème avec la Saint-Valentin » par le magazine Slate.

« Ouvrier ou Vigiles, on est esclaves de sa vie ! ». Peut-on juger le bonheur aux matérielles ? Une vie de « roi » à quel prix ? Un roi n’est il pas prisonnier de sa vie en vivant dans 2 mondes qui ne se touche pas ? Malgré les non-dit propre à la culture Khmer, David Chou et son équipe à travers les cadres, le montage et le son, ont su transmettre le ressenti des personnages et nous toucher par les sentiments.

Le lien amoureux est présent sous tous les rapports tout au long du film : lien d’amour mère-fils, entre frères, entre amis et le premier amour. Mais toutes ses relations amoureuses ont un goût d’amertume. Il nous montre les sacrifices que font certains au détriment de l’amour pour avoir une meilleur vie. Pourtant, si vous demandez à l’acteur qui joue Bora si son personnage est heureux, il vous dira que oui. La vision du bonheur serait-elle différente selon les cultures ?

C’est ainsi que pour la première fois, je pris le micro lors d’une avant-première : « Diamond Island n’est-il pas au fond un film d’amour ?« 

 

J’ai écouté « Diamond island (original motion picture soundtrack)« 

( sur Itunes ou sur Spotify) par Jérémie Arcache, Christophe Musset.

Le fils de Jean

Dans un appartement parisien un homme apprend la mort de son père qu’il ne connaissait pas c’est ainsi que commence son périple sur l’histoire de sa vie. Il laisse son enfant de 8 ans pour une semaine à Montréal. Il y va par curiosité dans le but de découvrir des frères qu’il n’a pas connu et récupérer ce fameux colis que son père lui a laissé.

Découvrez les questions auxquelles le film répond

Comment un père peut cacher  l’existence de son enfant ? C’est le débat que j’avais avec un pote la veille. Ce film montre que ce n’est pas si simple. Le père lui-même est perturbé par cette naissance : Comment l’annoncer à sa famille sans la bouleverser ? Il finit par ne faire aucun choix, torturer lui-même par les blessures qu’il va engendrer autour de lui. Ce film montre l’impact des secrets de famille. Sa femme savait-elle/se doutait-elle de cette existence ? L’existence de cet enfant venant d’une maitresse, d’un amour peut-être, qui a bousculé leur vie : Le fils de Jean.
Le fils de jean film repas de famille