Culture

Je vais mieux de David Foenkinos

Il y a quelques années lorsque je n’arrivais plus à lire. Je suis tombée sur le livre « La délicatesse » de David Foenkinos et j’ai repris le goût à la lecture. « Je vais mieux » est un titre que je voulais lire à sa sortie. La quatrième page de couverture me parlait, je me sentais mieux, je crois que j’avais arrêté la fac et c’était une libération de ne pas se forcer à continuer les études. Malgré ça, je crois que le meilleur timing est d’avoir lu ce livre maintenant parce que je suis passée exactement par les mêmes étapes que le personnage.

Pourquoi ne faut-il pas minimiser les souffrances même succinte de la vie ?

Je vais mieux. Il y a quelques mois, après avoir raccroché au téléphone j’ai eu d’un coup une douleur inexplicable. Non pas au dos comme le protagoniste mais à la plante des pieds. « Des spasmes nerveux parcouraient d’une manière anarchique mon visage, offrant à mon expression des irruptions subites de grimaces » (p.105)

Une douleur atroce qui ne me permettait plus d’appuyer mon pied au sol. « Je pensais que cela passerait, mais non. J’ai tout essayé » pour comprendre cette douleur intense qui a duré près de 3 mois et qui revient de temps à autre mais avec moins d’intensité. C’est aujourd’hui avec le recul et la lecture de ce livre que tout prend sens. Je vais mieux de David Foenkinos est bien un roman mais il aurait être une partie de mon autobiographie.

Pendant 3 mois je n’ai pu mettre que des baskets « Et voilà que j’étais là, boitillant et abîmé mais pas en instance d’agonie. » (p118), jusqu’à ce que j’assiste à un atelier de sophrologie et que je comprenne que les scanners, les rendez-vous chez le podologue à 30 euros non remboursé ne servait à rien puisque la douleur …

Je ne vais pas spoiler le livre qui est si bien écrit que j’ai des marques pages à tous les coins. Mais disons que livre montrent comment l’accumulation de problème, le déni de la souffrance peut se manifester autrement. Il s’agit donc d’une rétrospective dans tous les aspects de la vie du personnage pour comprendre pourquoi il en est venu à avoir mal au dos. Voici ci-dessous quelques phrases que j’ai retenu :

Avez vous déjà lu ce livre ou vu le film « Je vais mieux » ?

Indécisions :

« On ne sait jamais que manger; faire un choix, c’est anéantir tous les autres. La carte du restaurant est la métaphore absolue de toutes nos frustrations. »

Vie :

« Moi il me semblait que j’avais vécu ma vie avec le sentiment que mon corps croupissait le compte à rebours de l’échec. »

« On devrait vivre sa vie à l’envers pour être sûr de ne pas la rater »

« La vie des autres c’est peut-être le meilleur refuge quand la nôtre nous desespère » (335)

« Il y a des événements qui vous marquent à jamais alors qu’ils sont tombés dans l’oubli collectif. »

« On réduit tellement notre ambition à être heureux que les bonheurs peuvent venir de là : voir trébucher les autres »

« A chaque fois, il fallait que je commette d’abord l’erreur pour me rendre compte de mon intuition malade. »

« C’était une bonne méthode : quand on souffre, il faut organiser quelque chose d’encore plus désagréable, car seul le mal peut divertir du mal. Mon attention allait enfin être détournée. »

« Quel bonheur de dormir enfin sans rêve, sans rien, anesthésié de sa conscience. Je voulais vivre dans mon lit, à l’abri définitif de ma douleur. »

Amour :

« Je voulais qu’on m’entoure des gestes de la tendresse, en silence ; je voulais qu’on m’aime, sans absence. » (188)

« C’est l’effet secondaire du bonheur. C’est si fragile de se sentir bien avec quelqu’un. On est nettement plus heureux dans la solitude, sans avoir à rassembler toutes ses forces pour travailler une histoire d’amour. » (349)

« Je parcourais notre amour comme on parcourt un horizon, incapable de m’arrêter quelque part. Mon regard se perdait dans la mutitude de nos gestes, nos déclarations d’amour mêmes ne parvenaient plus à ma mémoire. »

« Ils faisaient partie de cette génération où la vie à deux voulait vraiment dire : la vie à deux. Une véritable propagande pour le slogan « unis pour le meilleur et le pire. On nageait dans la mascarade affective. »

Famille :

« Les enfants recherchent en permanence la part manquante de l’affection, c’est ainsi. J’avais beau me confronte régulièrement à la réalité de leur sécheresse, je revenais pourtant armé de cet espoir propre aux amnésiques. »

« Pendant des années, j’y avais vu une forme de maladresse affective. Mais à présent je ne pouvais plus douter de ses intentions. Il ne pouvait jamais s’adresser à moi de manière positive. »

« Mon père était l’archiviste de mes échecs. »

« Les maladresses de mon père, ou ses malveillances, ça faisait longtemps qu’elles ne me surprenaient plus. Je les attendais comme un passager attend son train. »

« On croit étrangement que les choses peuvent changer alors que nos parents sont des statues émotionnelles. »

Une adaptation au cinéma a eu lieu pour le livre de David Foenkinos par le réalisateur Jean-Pierre Améris. Le film Je vais mieux est sortie le 30 mai 2018.

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