Mercredicinéma

Fais des beaux rêves

Arrivée au cinéma, on m’apprend que le film projection du film japonais Harmonium  a commencé depuis plus de 15 minutes (ne faites donc pas confiance aux horaires des séances indiquées sur la home de Google). J’ai donc non seulement raté la projection du film mais également la rencontre avec le réalisateur Kōji Fukada qui était prévu en fin de séance.

Il ne me restait 2 choix : soit  rentrer chez moi et être sortie pour rien soit regarder un des 2 films n’ayant pas commencé. Au choix la comédie romantique « Primaire » d’Hélène Angel ou le film dramatique d’origine italienne « Fais de beaux rêves » de Marco Bellocchio. Autant dire que selon les différents articles présents sur Google je n’ai pas choisi le film préféré par la presse et les spectateurs. Mais j’aime l’italien et les films dramatique, je me suis donc décidée en à peine 2 min, un exploit pour une indécise, pour le film « Fais de beaux rêves ».

Pendant la première heure du film (oui j’ai regardé ma montre par dépit), j’ai cru comprendre pourquoi le film n’avait pas été autant apprécié. Mais après cette heure passée, je me suis demandée si ce n’était pas un effet voulu parce que concrètement, je n’ai ressenti aucune émotion pendant la moitié du film (à la même hauteur que le personnage principale Massimo, face à la mort de sa mère) et l’autre moitié du film j’étais en pleure. Prise par les émotions que Massimo  laissait enfin « couler ». Si les mots ne peuvent pas sortir oralement, rien de mieux que d’écrire. La lettre, cette lettre ! La liberté des mots pour évacuer la colère. Libérez-vous en libérant votre plume d’un seul trait sans vous relire. Et vous verrez toutes les émotions qui peuvent en sortir.

Fais des beaux reves film - Massimo et sa mère
Barbara Ronchi, Nicolo Cabras (Massimo enfant)

Le film prend un sens bien avant cette lettre, il prend sens quand pris par le souvenir Massimo ne contrôle plus la douleur et finit par faire face à la réalité. C’est alors que le film devient d’un coup intéressant et correspond aux attentes que j’avais en le choisissant. Puis je comprends que cet effet de lenteur, de brouillons sur les dates qui nous déstabilise,  de ce que je qualifiais de mauvais montage, était sûrement pour se mettre à la place de Massimo.

Ce film est ennuyeux au premier abord parce que les souvenirs viennent dans le désordre, et se coupe dès qu’on est sur le point d’avoir une émotion. Mais au fond nous ne faisons que retenir la douleur (de partir, de penser avoir choisi le mauvais film lol), de Massimo. La structure du désordre est en fait pour moi une mise en abyme dans le personnage ou plus précisément dans le cerveaux de Massimo. J’aurais bien aimé avoir la confirmation du scénariste mais je ne vois pas d’autres explications dans mes émotions contradictoires en regardant ce film.

On nous montre les conséquences dans une vie, lorsqu’on refoule des événements qui nous ont marqué pour ne pas dire brutalisé. Puis il y a également cette place du secret/des non-dits qu’on instaure souvent pour protéger une personne, sans se rendre compte qu’on finit par la détruire. Et s’il y a une chose à retenir : Laissez partir les démons qui vous hante, laisse partir ses souvenirs qui vous font tant de mal, faites le deuil, pleurez, souffrez puis laissez les partir.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s