Culture·Livre

Une simple lettre d’amour de Yann Moix

J’ai lu le long monologue de Yann Moix sur l’amour en septembre dernier mais je dois dire que ce trop plein d’amour a fini par me fatiguer et limite me déprimer. Il fallait donc que je m’arrête. Je vous partage tout de même ce que j’ai pu relever dans la première partie du livre.

« Un homme quand il aime, aime toujours déjà ailleurs; il appelle « femme de sa vie » la prochaine femme qu’il rencontrera- il vaque de brouillons en brouillons. La définitive, pour lui est incessamment la suivante. »

« Il fait toujours bon d’écrire aux femmes que l’on aime. Ne serais-ce que pour les avertir une fois la rupture consommée, qu’elles font bien de fuir ceux qui leur ont menti, les ont bernés, les ont parfois trompées pendant si longtemps. »

« Dès lors qu’ils sont aimés, cela leur donne des ailes pour faire valoir cet amour dans d’autres bras, contre d’autres poitrines, entre d’autres cuisses. Aimer un homme c’est fabriquer un infidèle. L’amour qu’il reçoit, il le transmute sans répit en assurance divine, en immunité frimeuse en fière arrogance. En garantie d’être aimé ailleurs. Et mieux. »

« C’était le plus difficile à faire se rencontrer (la preuve : je ne t’ai jamais plus rencontrée par hasard depuis). Le reste coulait de source. C’est le plus que nous n’avons pas été fichus de réussir. Par ma faute je l’avoue. J’adore avouer. C’est une passion. Je ne commets des fautes que pour le plaisir d’avoir à les avouer. » p.26-27

« La solitude, ce n’est pas se retrouver seul ; c’est  être soustrait à la compagnie d’un seul. C’est être seul après avoir été ensemble. p.27

«  »Je ne suis plus amoureuse de toi » La phrase avait duré moins de trois secondes ; ce qu’elle provoqua s’étendrait, avais-je stupidement pensé sur toute ma vie. » p. 30

« Ce furent les six mois les plus longs. […] Si un oracle m’avait annoncé que je te récupérais au printemps, j’aurais non seulement pris mon mal en patience, mais j’aurais profité de la vie comme jamais, je t’aurais trompée, j’aurais voyagé, j’aurais lu et écrit des chefs-d’oeuvre. La promesse d’être avec quelqu’un m’a toujours rendu plus heureux que son effective présence ». p.34-35

« (les jaloux sont des maniaques de la déduction ; et même si leur déductions sont généralement fausses, leurs conclusions sont généralement vraies) » p. 37

« Je possède mille abominables tares : Je suis méchant, égoïste, menteur, capricieux, manipulateur, infidèle, je suis de mauvaise foi, je suis violent, brouillon, dispersé, velléitaire, je suis jaloux, je suis imprévisible, désagréable, susceptible, excessif, immature, impatient, irascible, stressé, égocentrique, hypocondriaque bordélique, prétentieux, bavard, je suis influençable, instable, paresseux, inconstant, taciturne, caractériel, intolérant, pas fiable, impulsif, mais la nature, ou la culture, je n’en sais rien, m’ont préservé de trois défaut : le cynisme, la radinerie et la lâcheté. » p. 39-40

« La haine qu’on éprouve pour quelqu’un qu’on hait n’est rien à coté de la haine qu’on ressent pour quelqu’un qu’on aime »

Une simple lettre d’amour de Yann Moix –  
Edition Grasset – 144 pages – 12,90€ 
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s